Je suis sexothérapeute et écrivain avec plus de 10 ans d'expérience, j'accompagne couples et célibataires dans la (re)découverte de la joie de l'intime.
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« Est-il encore possible de raviver la flamme après trois ans sans rapport sexuel ? » C’est une question qu’on m’a posée récemment, et qu’on me pose en réalité très souvent. Dans mon cabinet de sexothérapeute, je reçois au quotidien des personnes qui me disent ne pas avoir fait l’amour depuis six mois, un an, deux ans, cinq ans, parfois même dix ans. Elles aiment encore leur partenaire et aimeraient se retrouver, mais elles ont peur que ce soit trop tard, trop difficile, voire impossible.
Quand il n’y a plus de sexualité dans le couple, ma réponse est claire : non, il n’est jamais trop tard. Encore faut-il savoir par où commencer.
Il n’est jamais trop tard pour raviver la flamme, à partir du moment où on en a envie et où les deux personnes sont prêtes à faire le chemin pour se retrouver. C’est vrai même si cela fait très longtemps, et même si on a l’impression d’avoir oublié comment on fait.
On peut aussi se sentir très éloigné·es l’un·e de l’autre, presque étranger·es. Comme si on ne connaissait plus le corps de l’autre, comme si quelque chose s’était figé entre vous. Cette sensation n’empêche pas de se retrouver.
J’ai accompagné de très nombreux couples qui n’avaient pas fait l’amour depuis longtemps et qui ont retrouvé le chemin de l’intimité. Pour y arriver, la première étape ne concerne pas directement la sexualité. Elle concerne ce qui a disparu avec elle.
Depuis que je reçois des couples et des célibataires, j’ai fait un constat : quand la sexualité disparaît, la tendresse disparaît souvent avec elle. Les petits gestes d’amour au quotidien, les regards, les caresses sur l’épaule, les baisers… C’est tout un environnement de sensualité et d’amour corporel partagé qui s’efface.
Certains couples me disent pourtant : « Nous, on est très tactiles, très collés. » Mais ces moments de tendresse s’arrêtent souvent à un certain point : celui où l’on a peur que ça bascule dans un autre registre, celui de la sexualité.
C’est là que se trouve le piège. On se met à surveiller ses gestes : si je l’embrasse un peu trop passionnément, si je le ou la touche à cet endroit, il ou elle va croire que je veux plus, que je suis prêt·e à plus. Pour ne pas donner de petits espoirs et ne pas risquer de se sentir pris·e au piège, on finit par limiter la tendresse elle-même.
Avec les couples qui n’ont pas fait l’amour depuis longtemps, ou chez qui la sexualité est devenue source de tensions, je commence par une proposition : jusqu’à notre prochaine séance, pendant deux semaines ou pendant un mois, vous n’aurez pas de rapport sexuel.
Dans les faits, il ne se passe déjà rien. Mais l’idée que « ça pourrait arriver » à tout moment crée un stress permanent. En décidant ensemble qu’il n’y aura pas de rapport sexuel pendant cette période, on enlève la question de la table, et avec elle la pression.
En revanche, on s’autorise à retrouver la tendresse et la complicité : s’embrasser davantage, se prendre dans les bras, se toucher, se caresser, en sachant que ça n’ira pas plus loin. Pas pour l’instant. Ce cadre permet de réveiller doucement le désir et la connexion, en se sentant en sécurité pour faire ce premier pas. Vous pouvez aussi le dire sur le moment : « Là, j’ai vraiment envie de t’embrasser », et savourer ce baiser pour ce qu’il est.
Le nombre de personnes qui me disent « J’ai l’impression qu’on est colocataires plus que partenaires » est impressionnant. Or passer directement de colocataires à faire l’amour, c’est un énorme pas.
Redevenir d’abord un couple qui s’aime, des partenaires, est beaucoup plus accessible. Et c’est fondamental : on n’a pas forcément envie de faire l’amour avec quelqu’un dont on se sent si loin, si distant·e. Ce cadre crée la sécurité dont on a besoin pour s’autoriser de nouveau des moments d’intimité.
Une deuxième piste consiste à poser un cadre encore plus précis grâce à un minuteur. Vous décidez par exemple de vous embrasser pendant trois, cinq ou sept minutes. Quand le temps est écoulé, vous vous arrêtez : ça ne va pas plus loin.
Ce cadre très clair permet d’entrer dans des moments d’intimité sans se sentir sous pression. Chacun·e sait exactement ce qui va se passer, et peut donc se laisser aller à la tendresse sans se demander où cela va mener.
Quand il y a un décalage de désir dans le couple, proposer une pause peut sembler délicat. Comment dire à quelqu’un qui a très envie de faire l’amour : « Je te propose qu’on ne fasse pas l’amour pendant un mois » ?
Tout est dans la façon de l’amener. Il ne s’agit pas de l’annoncer comme ça, mais d’expliquer ce que tu cherches vraiment. Par exemple : « J’ai vraiment envie que ça change. J’ai envie de ressentir mon désir pour toi et de cultiver notre intimité. Pour ça, j’ai besoin qu’on mette un peu le stress de côté, pour qu’on se retrouve vraiment, que je me reconnecte à mon désir, et qu’on puisse ensuite vivre plus d’intimité ensemble. »
Formulée ainsi, c’est une proposition à laquelle chacun·e a envie de dire oui. On passe d’un schéma « j’ai faim, j’ai besoin qu’il se passe quelque chose maintenant » à un autre : « on construit notre vie ensemble, et on accepte d’investir un peu de frustration et d’énergie pour aller dans la même direction ».
Quand il n’y a plus de sexualité dans le couple depuis longtemps, raviver la flamme ne passe pas par un grand saut. Personne n’a besoin de se mettre du jour au lendemain en lingerie et en talons hauts pour aller faire l’amour : ce serait beaucoup trop d’un coup. Il s’agit d’abord de se reconnecter, de retrouver la complicité et la sensualité, et cela ne se fait pas tout de suite.
Avec le temps, on a pris certaines habitudes, comme se faire un petit bisou rapide en passant. Retrouver l’intimité demande d’amener de la conscience dans ces moments-là, pour réapprendre à nos corps que le toucher fait du bien, qu’il est bon et doux pour nous.
Et il n’y a pas d’âge pour cela. Récemment, une femme m’a confié avoir enfin découvert la sexualité après 60 ans et 40 ans de mariage. Elle vit désormais des orgasmes comme jamais et se sent enfin pleinement femme, sensuelle. On a encore plein de vie devant nous : autant la saisir et se l’approprier.
Il y a de l’espoir à partir du moment où il y a du désir. Pas forcément du désir sexuel, mais le désir de connexion, de se retrouver, de partager quelque chose de beau, pour soi, pour l’autre et pour le couple.
Pour aller plus loin
Envie de retrouver la tendresse, un petit pas après l’autre ?
Pour vous aider à faire ces premiers pas sans pression, j’ai créé un challenge de couple : « 10 jours, 10 minutes ». Des moments simples pour recréer de la complicité et de la connexion au quotidien, à votre rythme.
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Je suis une sexothérapeute pas comme les autres...
Mon approche humaniste et informée au trauma est non-pathologisante, ici on ne parle pas de "dysfonction" ni de "trouble" par rapport à une norme arbitraire qui ne fait de bien à personne.
J'accompagne chaque personne vers une sexualité juste pour elle, qui se centre sur son propre désir, sur l'écoute du corps et des émotions et sur l'intimité dans la relation.
À travers mon accompagnement individuel, mes formations et programmes en ligne j’ai accompagné des milliers de couples et célibataires dans la (re)découverte de leur sexualité, du désir, du plaisir et de la joie de l'intime.
Je suis sexothérapeute et écrivain avec plus de 10 ans d'expérience, j'accompagne couples et célibataires dans la (re)découverte de la joie de l'intime.
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